{"id":1004,"date":"2024-07-12T14:40:19","date_gmt":"2024-07-12T12:40:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.shaa.io\/?page_id=1004"},"modified":"2025-12-23T14:09:56","modified_gmt":"2025-12-23T13:09:56","slug":"recherche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.shaa.io\/index.php\/recherche\/","title":{"rendered":"Recherche"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-columns alignwide is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">La crise climatique nous oblige \u00e0 repenser notre rapport \u00e0 la Terre,&nbsp;\u00e0 l\u2019espace. Disparition&nbsp;des sols,&nbsp;extinction d\u2019esp\u00e8ces, d\u00e9sertification, guerre de l\u2019eau, submersion des fronts de mer, inondation des&nbsp;vall\u00e9es&nbsp;: la ruine des territoires provoqu\u00e9e par l\u2019Anthropoc\u00e8ne g\u00e9n\u00e8re une crise de l\u2019espace qui interdit de nous contenter d\u2019un relev\u00e9 physique selon les param\u00e8tres anciens et nous impose de questionner nos&nbsp;outils d\u2019observation et de description. Le manque d\u2019image et d\u2019imaginaire communs est un obstacle&nbsp;majeur \u00e0 la compr\u00e9hension des r\u00f4les et des interactions dans les milieux en ruines. Nous avons besoin de&nbsp;repr\u00e9sentations communes de ce que signifie habiter sur Terre aujourd\u2019hui. Ces enjeux doivent \u00eatre adress\u00e9s par une discipline telle que l\u2019architecture qui place l\u2019habitabilit\u00e9 au c\u0153ur de ses valeurs. (<a href=\"https:\/\/www.shaa.io\/index.php\/manifeste\/\">voir Manifeste&nbsp;sha\u0101<\/a><strong>). Pour cela, notre atelier d\u2019architecture d\u00e9veloppe un fort p\u00f4le de recherche et d\u00e9veloppement qui structure l\u2019ensemble des projets et oriente toutes les d\u00e9cisions de conception des projets.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ainsi, recherche-d\u00e9veloppement constitue la plupart des activit\u00e9s de l\u2019entreprise, puisque les projets d\u00e9velopp\u00e9s par l\u2019entreprise s\u2019inscrivent dans le cade de&nbsp;<strong>recherche-action ou de recherche-cr\u00e9ation<\/strong>&nbsp;avec plusieurs partenaires institutionnels de recherche. La recherche action, comme la recherche cr\u00e9ation, vise la&nbsp;<strong>production de connaissances \u00e0 travers des actions ou productions impliquant le contexte d\u2019\u00e9laboration desdites connaissances. Ces deux approches contextualisent les probl\u00e8mes et demandent un engagement participatif ou une co-construction des connaissances avec les personnes directement impliqu\u00e9es dans la situation ou le probl\u00e8me \u00e9tudi\u00e9 (membres de la communaut\u00e9, praticiens, d\u00e9cideurs et autres parties prenantes).<\/strong>&nbsp;Les projets de recherche men\u00e9s par&nbsp;<strong>sha\u0101<\/strong>&nbsp;cofond\u00e9 en 2017 par Soheil Hajmirbaba et Alexandra Ar\u00e8nes (qui ont collabor\u00e9 sur de nombreux projets de recherche avec des chercheurs de renom comme Bruno Latour (SciencesPo), Fr\u00e9d\u00e9rique A\u00eft-Touati (CNRS, EHESS) ou J\u00e9r\u00f4me Gaillardet (IPGP, OZCAR)), se situent dans cette d\u00e9marche de recherche action et cr\u00e9ation \u2013 puisque les projets impliquent les acteurs et int\u00e8grent la cr\u00e9ation artistique et la production d&rsquo;\u0153uvres dans le processus de recherche. En s\u2019inscrivant dans les dynamiques sociales et \u00e9cologiques, les projets de recherche cr\u00e9ation ont une performativit\u00e9 transformative&nbsp;: il s\u2019agit de doter les acteurs d\u2019outils et de connaissances pour apporter un changement positif dans les pratiques et les politiques, en utilisant des m\u00e9thodes mixtes, acad\u00e9miques, artistiques ou architecturales.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">L\u2019entreprise privil\u00e9gie ainsi les enqu\u00eates longues issues des pratiques de terrain et impliquant un r\u00e9seau d\u2019acteurs de diverses disciplines. Actuellement, trois enqu\u00eates principales men\u00e9es de concert avec SOC&nbsp;<strong>:&nbsp;<\/strong><a href=\"http:\/\/s-o-c.fr\/index.php\/ufo\/terraforma\/\"><strong>Terra Forma<\/strong><\/a><strong><em><u>;<\/u><\/em><\/strong><strong><u>&nbsp;<\/u><\/strong><a href=\"http:\/\/s-o-c.fr\/index.php\/ncd\/\"><strong>&nbsp;O\u00f9 atterrir ?<\/strong><\/a><strong><em><u>;<\/u><\/em><\/strong><strong><u>&nbsp;<\/u><\/strong><a href=\"http:\/\/s-o-c.fr\/index.php\/zkm_czos\/\"><strong>CZO, Critical Zones<\/strong><\/a>, donnent lieu \u00e0 la production de divers objets multim\u00e9dias (livres, ateliers, installations, cartographies\u2026). L\u2019objectif principal est d\u2019int\u00e9grer les sciences de l\u2019environnement et les sciences politiques dans les projets d\u2019urbanisme et d\u2019architecture. L\u2019enqu\u00eate (ethnographique, sociale, \u00e9cologique, etc) est la base de notre travail de recherche et la collaboration qu\u2019elles impliquent avec les acteurs concern\u00e9s fa\u00e7onnent des projets innovants. Ces projets se concr\u00e9tisent par des ateliers, la production de cartographies alternatives, la mise en espace et la construction avec des techniques et mat\u00e9riaux innovants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Le d\u00e9part de la recherche \u00e0 Atelier sha\u0101 est une collaboration pendant pr\u00e8s de 6 ans avec Bruno Latour, penseur et faiseur de projets interdisciplinaires entre art, sciences, sociologie des sciences, \u00e9cologie politique, humanit\u00e9s environnementales, philosophie. sha\u0101 a pu travailler, exp\u00e9rimenter, rechercher, avec lui ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et d\u00e9ployer des m\u00e9thodes et des r\u00e9flexions essentielles pour l\u2019architecture. Cela a contribu\u00e9 \u00e0 modifier, enrichir nos pratiques et \u00e0 nous int\u00e9resser plus particuli\u00e8rement \u00e0 deux \u2018modes d\u2019existences\u2019 : la science et la politique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Les enqu\u00eates-projets sont des projets longs qui mobilisent des acteurs de diff\u00e9rentes disciplines. La restitution de ces enqu\u00eates-\u00e9tudes \u00e0 un public est aussi un enjeu fort. C\u2019est pourquoi le d\u00e9roulement et les m\u00e9thodes de travail pour mener ces projets utilisent diff\u00e9rents m\u00e9diums : recherche, espace (installation, sc\u00e8ne, architecture), ateliers de travail et cartographies. L\u2019objectif est de partager des processus et de mettre en place des proc\u00e9dures ou des outils manquants afin de r\u00e9pondre au mieux \u00e0 chacun des sujets. Ceux-ci ont d\u2019ailleurs \u00e9merg\u00e9s suite \u00e0 des interrogations concernant la pratique d\u2019architecte. Artefact permettant de collecter les connaissances et de d\u00e9crire la richesse des mondes, humains et non humains, sans effacer la diversit\u00e9 des points de vue, l\u2019objet-fronti\u00e8re est un terme issu de la th\u00e9orie de l\u2019acteur r\u00e9seau. Il est le support de traductions h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, un dispositif d\u2019int\u00e9gration de savoirs divers, experts et non experts. Il est donc caract\u00e9ris\u00e9 par une flexibilit\u00e9 interpr\u00e9tative qui permet de nous confronter \u00e0 nos mat\u00e9riaux de terrain. L\u2019objet-fronti\u00e8re est pour nous un attracteur d\u2019actions : recherche ; prototypage ; repr\u00e9sentation ; \u00e9change\/discussion ; performances ; publication ; design.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>Maintenir les conditions d\u2019habitabilit\u00e9 dans un climat de plus en plus rude et dans des territoires o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats de chaque entit\u00e9 sont pris en compte.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Atelier sha\u0101 I SOC se sont form\u00e9s autour de la n\u00e9cessit\u00e9 de maintenir les conditions d\u2019habitabilit\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 nous agissons (par le projet) pour les humains et les non humains. Loin des crit\u00e8res modernes utilis\u00e9s jusque-l\u00e0, il nous semble urgent aujourd\u2019hui de d\u00e9finir des crit\u00e8res pour mesurer les qualit\u00e9s d\u2019un projet bas\u00e9 sur ce maintien des conditions d\u2019habitabilit\u00e9. Or, il n\u2019y a pas une instance plus l\u00e9gitime qu\u2019une autre pour les d\u00e9finir. Il s\u2019agit d\u2019une t\u00e2che \u00e9minemment politique, o\u00f9 il est primordial de reconna\u00eetre que l\u2019on ne sait plus comment faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">D\u2019abord parce que la crise environnementale est colossale. Bruno Latour la d\u00e9finit comme un Nouveau R\u00e9gime Climatique, on ne reviendra pas \u00e0 une \u00ab normale \u00bb d\u2019avant, et l\u2019Anthropoc\u00e8ne nous oblige, industriels, scientifiques, politiciens, architectes, \u00e0 reconsid\u00e9rer nos pratiques destructives. L\u2019approche scientifique de la Zone Critique d\u00e9finit cette zone fragile, des roches jusqu\u2019\u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re, dont, nous, urbanistes, architectes, paysagistes, avons le devoir de prendre soin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ensuite, on ne sait plus comment faire car chaque \u00eatre a ses propres conditions de subsistances, souvent en conflit les unes avec les autres. Tous les actants agissants vivants ont&nbsp;<em>des besoins contradictoires qui se superposent sur des territoires, chacun voulant maintenir ses propres conditions d\u2019habitabilit\u00e9<\/em>, et bien qu\u2019elles soient li\u00e9es dans un r\u00e9seau de d\u00e9pendances \u00e9cologique (dans la zone critique), il est parfois difficile de les concilier de fa\u00e7on pragmatique dans un projet. Un Maire qui fait appel \u00e0 nous pour construire un quartier doit r\u00e9pondre \u00e0 une crise de logements. Sur papier, des probl\u00e8mes sont r\u00e9solus : la crise du logement, la crise \u00e9conomique, mais cela est en compl\u00e8te contradiction avec le Z\u00e9ro Artificialisation Nette ! On ne sait donc pas comment r\u00e9pondre \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019\u00e9lu qui a un besoin de 1600 logements, mais aussi au petit cisticole des joncs qui mesure \u00e0 peine 12cm et qui niche dans un quartier \u00e0 Nantes, ayant \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 par les services de l\u2019\u00c9tat qui ont arr\u00eat\u00e9 le projet. Autre exemple sur l\u2019utilisation des mat\u00e9riaux : l\u2019engouement pour construire en bois peut conduire \u00e0 des coupes rases dans les for\u00eats de r\u00e9sineux comme de feuillus pour subvenir \u00e0 la demande, supprimant ainsi les conditions d\u2019habitabilit\u00e9 pour des oiseaux, qui sont reli\u00e9s aux arbres et les arbres aux humains pour la s\u00e9questration carbone.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ce r\u00e9seau se donne \u00e0 voir concr\u00e8tement dans les projets qui, parce qu\u2019ils traitent des conditions d\u2019habitabilit\u00e9, font \u00e9merger ces controverses. Nous pensons qu\u2019il est n\u00e9cessaire de les mettre en avant et de ne pas les occulter, car ce sont sur ces bases qu\u2019un projet d\u2019architecture fabriquera de la politique, r\u00e9solvant des conflits. Ainsi, afin de naviguer entre les esp\u00e9rances et les attentes de tous ces acteurs, qu\u2019ils soient humains ou non-humaines, il semble qu\u2019une des voies serait de reconnaitre les implications politiques des pratiques architecturales dans le processus et les productions spatiales \u2013 et de trouver des m\u00e9thodes pour les rendre effectives. Bruno Latour \u2013 dont la rencontre a suscit\u00e9 la cr\u00e9ation de l\u2019atelier sha\u0101-soc &#8211; nous a prouv\u00e9 que d\u00e9placer une pierre, creuser un trou, construire quelque chose, peut \u00eatre&nbsp;<em>\u2018fait politiquement\u2019<\/em>.&nbsp;<em>L\u2019espace architectural est le site de constantes n\u00e9gociations et d\u2019arrangements (cosmo)politiques<\/em>, pour reprendre les termes de la chercheuse Albena Yaneva. Ce qui nous int\u00e9resse et nous motive en tant qu\u2019architectes est en effet de&nbsp;<em>mettre en place une \u00e9cologie des pratiques<\/em>. Isabelle Stengers, philosophe \u00e0 l\u2019origine de ce concept, la d\u00e9finit comme le risque \u00e0 entrer en relation avec d\u2019autres qui transforment ainsi mes propres pratiques par le fait de porter attention \u00e0 celles des autres, mais c\u2019est aussi avant tout la seule mani\u00e8re par laquelle je peux me pr\u00e9senter aux autres. L\u2019\u00e9cologie des pratiques est importante dans notre m\u00e9tier : faire entendre les artisans aux clients et ainsi les amener \u00e0 construire avec des mat\u00e9riaux moins nocifs, mais aussi \u00e0 travailler avec des artisans qui traitent bien leurs ouvriers. L\u2019architecture moderne privil\u00e9giait l\u2019esth\u00e9tique avant les conditions de travail. Il faut aussi penser au corps de celui qui fabrique : imaginer un d\u00e9tail qui, pour \u00eatre r\u00e9alis\u00e9, causera le mal de dos de l\u2019artisan, est un \u00e9chec car l\u2019artisan ne le r\u00e9alisera pas bien. Il faut donc&nbsp;<em>penser \u00e0 l\u2019ergonomie de l\u2019espace produit mais aussi \u00e0 l\u2019ergonomie dans la production de l\u2019espace<\/em>. Il s\u2019agit donc, dans chaque projet, de retrouver des \u00ab \u00e9gards \u00bb, de faire entendre des \u00e9l\u00e9ments, des entit\u00e9s, des personnes, des acteurs, qui sont impliqu\u00e9s dans un projet. Isabelle Stengers, dans cette fa\u00e7on de dire \u2018l\u2019\u00e9cologie est de la diplomatie\u2019, nous inspire. C\u2019est un levier d\u2019action en tant qu\u2019architecte : reconstituer cette \u00e9cologie des pratiques dans un esprit de collaboration et dans un respect, pas seulement de l\u2019environnement, mais aussi des humains.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ne pas savoir nous pousse \u00e0 chercher plus, \u00e0 apprendre, \u00e0 enqu\u00eater, \u00e0 parler autrement.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">En tant qu\u2019architectes, nous avons un r\u00f4le \u00e0 faire entendre la transdisciplinarit\u00e9, de proposer des projets \u00ab compos\u00e9s \u00bb ou \u00ab compositionniste \u00bb. Nous essayons de faire entendre \u00e0 la fois les voix de la recherche scientifique sur l\u2019environnement, mais aussi l\u2019artisanat. Car l\u2019histoire d\u2019Atelier sha\u0101 commence en Iran, sur des chantiers, dans des lieux arides ou en haute-montagne, qui d\u00e9finissent diff\u00e9remment \u00e0 la fois une culture du climat et une culture du chantier particuli\u00e8res. Atelier sha\u0101 a appris des ma\u00e7ons qui construisaient avec des mesures issues de leur corps : bras, avant-bras, les cinq doigts ouverts, l\u2019index, etc, requestionnant ainsi l\u2019unit\u00e9 de mesure universelle. A Yazd, les rues ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues dans un contexte aride, o\u00f9 il fallait cr\u00e9er de l\u2019ombre selon les moments de la journ\u00e9e : ainsi, pour se d\u00e9placer vers des \u00e9quipements comme le bazar le matin, l\u2019ombre \u00e9tait du bon c\u00f4t\u00e9. Cela cr\u00e9e un d\u00e9dale de rues couvertes-d\u00e9couvertes entour\u00e9es de murs en terre. Atelier sha\u0101 aujourd\u2019hui d\u00e9veloppe un urbanisme de l\u2019ombre pour faire face aux environnements plus rudes, en cherchant la source d\u2019inspiration dans le d\u00e9sert iranien, o\u00f9 la cohabitation avec l\u2019aridit\u00e9 est ancienne et optimale. Pour faire face au changement climatique, nous pensons qu\u2019il faut se baser sur l\u2019intelligence collective plut\u00f4t que sur des solutions tout-technique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><em>La qualit\u00e9 de l\u2019architecture est red\u00e9finie par le fait de g\u00e9n\u00e9rer de bonnes relations \u2013 avec des espaces qui engendrent la vie.&nbsp;&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">La qualit\u00e9 de l\u2019architecture est une question de bonnes relations, avec l\u2019environnement, avec les gens qui vont concevoir, fabriquer et habiter. Plus le nombre d\u2019acteurs est \u00e9lev\u00e9 et leurs int\u00e9r\u00eats sont divers et vari\u00e9s, plus les chances que l\u2019architecture ou l\u2019urbanisme r\u00e9ponde au maintien des conditions d\u2019habitabilit\u00e9 est grande. La qualit\u00e9 d\u2019un projet se cr\u00e9e dans les relations, par les interm\u00e9diaires, par des combinaisons, par des discussions, par des situations et des montages afin peut-\u00eatre, de g\u00e9n\u00e9rer des espaces qui engendrent la vie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><strong>Des projets-enqu\u00eates \u2013 mise en pratique de l\u2019acteur-r\u00e9seau&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Aujourd\u2019hui nos projets, qu\u2019ils s\u2019\u00e9tablissent sur des quartiers entiers (urbaniste de ZAC avec des centaines de logements), ou construisent de petits projets d\u2019architecture (maisons), s\u2019organisent comme des enqu\u00eates de terrain, de rencontres et de voyages. L\u2019atelier sha\u0101 est adoss\u00e9 \u00e0 un collectif de recherche, SOC (Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019objets cartographiques), qui d\u00e9veloppe depuis 2016 une r\u00e9flexion entre arts et sciences autour d\u2019outils de repr\u00e9sentation au profit de la cartographie des acteurs humains et autres vivants qui agencent le territoire, notamment au travers du livre&nbsp;<em>Terra Forma, manuel de cartographies potentielles<\/em>. SOC a pr\u00e9figur\u00e9 la cr\u00e9ation de l\u2019atelier sha\u0101, et aujourd\u2019hui nous avons fait le choix de maintenir ces deux entit\u00e9s (l\u2019une sans statut et l\u2019autre, sha\u0101, avec statut), afin de continuer \u00e0 proposer des projets exp\u00e9rimentaux. Nous avons ainsi d\u00e9velopp\u00e9 avec sha\u0101 I soc deux projets particuliers : le projet&nbsp;<em>O\u00f9 atterrir ?<\/em>&nbsp;que nous consid\u00e9rons comme un projet d\u2019architecture politique, et le projet&nbsp;<em>Critical Zone<\/em>, qui est pour nous un mod\u00e8le de travail avec les sciences de la terre et les sciences humaines.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><strong>Le Projet O\u00f9 atterrir ? (OA)<\/strong>&nbsp;(R\u00e9gion Limousin ; Fondation Luma Arles (13), Ville de Ris-Orangis (91), Br\u00e9zouard dans les Vosges) est une concertation revisit\u00e9e \u00e0 100% pour tenter de la rendre op\u00e9rationnelle. OA est un projet de description ainsi qu\u2019un projet processuel. C\u2019est un projet qui engage l\u2019espace dans le sens o\u00f9 l\u2019on con\u00e7oit des parlements (des choses). Il y a de la spatialisation : comment spatialiser une description ? Comment spatialiser le moment d\u2019\u00e9changes avec d\u2019autres personnes pr\u00e9sentes ? Le projet OA est une exp\u00e9rimentation grandeur nature dans un travail transdisciplinaire, o\u00f9 des gens diff\u00e9rents viennent enrichir l\u2019architecture de ce processus. L\u2019objectif est d\u2019\u00e9crire des dol\u00e9ances, qui sont historiquement des prescriptions, des demandes, qui ont transform\u00e9es le territoire. La dol\u00e9ance est une pr\u00e9programmation. C\u2019est comme si l\u2019on faisait une concertation non pas \u00e0 partir d\u2019un projet qui est d\u00e9j\u00e0 fait et qu\u2019il \u2018faut faire accepter\u2019, mais parce que l\u2019on ne sait justement pas quoi faire. A Ris Orangis, dans cette optique, le projet OA a renouvel\u00e9 les pratiques de la commune. Cela met la concertation tr\u00e8s en amont par la description et l\u2019\u00e9criture de dol\u00e9ances avant le projet, et c\u2019est de cela que d\u00e9coulera le projet.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Nos projets d\u2019urbanisme, \u00e0 Nantes et Nancy, s\u2019inspirent du projet OA mais aussi du projet de territoire de&nbsp;<strong>Shiraz (Iran)<\/strong>&nbsp;qui, avant le projet OA, combinait la reconnaissance de l\u2019acteur-r\u00e9seau et les mythes persans pour s\u2019affranchir d\u2019une certaine modernit\u00e9 coloniale. Depuis, nos projets urbains participent \u00e0 un r\u00e9cit de territoire \u00e0 toutes les \u00e9chelles. Un r\u00e9cit fondateur cr\u00e9e de l\u2019attachement. Et cet attachement nous am\u00e8ne \u00e0 prendre soin de l\u00e0 o\u00f9 nous vivons, qui r\u00e9veille l\u2019affect qu\u2019on peut avoir pour une terre, pour un lieu. L\u2019enqu\u00eate permet de r\u00e9colter ces histoires, de les mettre en narration. L\u2019enqu\u00eate est donc qualitative. D\u00e9crire un territoire fait aussi partie de cette d\u00e9marche de cr\u00e9ation de r\u00e9cits.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><strong>Refaire exister des pratiques disparues mais intelligentes&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Tous les projets \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9chelles, des quartiers \u00e0 l\u2019architecture, font appel \u00e0 l\u2019intelligence collective, et prennent en compte les diff\u00e9rents terrains de vie de ceux qui habitent, mais aussi de ceux qui fabriquent et de ceux qui sont autour. Les projets doivent rendre heureux les humains mais il faut aussi que l\u2019arbre qui est plac\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 soit heureux. C\u2019est le parti-pris du&nbsp;<strong>projet urbain de Nantes, Erdre Porterie,&nbsp;<\/strong>o\u00f9 l\u2019on a cr\u00e9\u00e9 des zones non-aedificandi parce qu\u2019il y a d\u00e9j\u00e0 sur le site des arbres qui ont besoin d\u2019un p\u00e9rim\u00e8tre pour vivre : le projet ne doit pas leur faire de l\u2019ombre, ni en chantier ni une fois r\u00e9alis\u00e9. Le terrain de vie de l\u2019arbre \u2013 le p\u00e9rim\u00e8tre, l\u2019apport de soleil et d\u2019eau dont il a besoin pour vivre, est consid\u00e9r\u00e9. Dans la m\u00eame d\u00e9marche, SOC a pu \u00e9tablir des cartes des \u2018points de vie\u2019 des arbres menac\u00e9s par les pluies acides dans la for\u00eat des Vosges observ\u00e9e par les sciences de la Terre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ainsi, les innovations \u00e0 sha\u0101-soc sont low tech, et d\u00e9pendent des acteurs du projet. Par exemple la gestion des eaux de pluie et des eaux souterraines \u00e0&nbsp;<strong>Neuvecelle (74), maison individuelle<\/strong>, n\u2019est pas canalis\u00e9e avec du plastique. Dans le&nbsp;<strong>quartier urbain \u00e0 Nantes<\/strong>, le projet doit fabriquer 2km de haies avec plusieurs \u00e9tages, essences, supports de vie. Lorsqu\u2019\u00e0&nbsp;<strong>Tomblaine, autre quartier urbain dans le Grand Nancy&nbsp;<\/strong>o\u00f9 nous sommes urbanistes, nous essayons, dans la prescription, de banir les formes lisse d\u2019architecture qui ne favorisent pas la vie, et de promouvoir des d\u00e9pass\u00e9es de toiture, des fa\u00e7ades rugueuses, de ne pas mettre du m\u00e9tal ou du plastique, cela est une forme d\u2019innovation. Nous tentons \u00e9galement de r\u00e9ins\u00e9rer des usoirs, qui \u00e9taient des espaces priv\u00e9s dans les villages se trouvant au milieu des routes, et o\u00f9 les gens d\u00e9posaient du bois ou des outils, chacun allant se servir selon ses besoins. Requestionner, r\u00e9int\u00e9grer l\u2019usoir \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019un quartier, en tant que largeur non min\u00e9ralis\u00e9e, non imperm\u00e9abilis\u00e9e, en tant qu\u2019espace que les habitants des quartiers peuvent transformer en jardins collectifs lin\u00e9aires en pied d\u2019immeubles, est une forme d\u2019innovation. Parfois l\u2019innovation dans le b\u00e2timent ou la ville consiste \u00e0 refaire exister des pratiques qui ont disparues, reprendre des choses qui existaient, par exemple prescrire des arbres que les gens plantaient dans ces endroits-l\u00e0, ou reconna\u00eetre des chemins de l\u2019eau. C\u2019est une d\u00e9finition du vernaculaire, mais cela n\u2019est pas plus facile pour autant.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><strong>\u00catre connecteur : d\u2019acteurs-pratiques ; de temps ; de lieux&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Le&nbsp;<strong>projet Zone Critique<\/strong>expos\u00e9 au ZKM a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de faire du terrain avec des scientifiques de la Terre. Le projet est con\u00e7u comme une maquette de l\u2019observatoire \u2013 un bout de paysage instrument\u00e9 de capteurs pour comprendre les dommages caus\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement. Avant de mettre en \u0153uvre l\u2019installation, nous avons r\u00e9alis\u00e9 une maquette que nous avons montr\u00e9 \u00e0 un g\u00e9ochimiste, un g\u00e9ophysicien, un philosophe, un directeur de mus\u00e9e, un monteur d\u2019expo, un menuisier, qui l\u2019ont modifi\u00e9, notre travail consistant \u00e0 ins\u00e9rer des traces de points de vue. L\u2019installation Zone Critique a eu la capacit\u00e9 d\u2019absorber les avis des uns et des autres \u2013 pour aboutir \u00e0 une architecture compos\u00e9e. De la m\u00eame fa\u00e7on, nos cartes sont con\u00e7ues comme des objets-fronti\u00e8res qui rassemblent des points de vue diff\u00e9rents et permettent la coconstruction d\u2019un outil partag\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Cette approche compositionniste d\u2019agencements de points de vue, d\u2019attention aux pratiques et de connexion se poursuit dans nos projets d\u2019architecture et d\u2019urbanisme. Nous demandons aux artisans \u00ab comment feriez-vous ? \u00bb car dans chaque lieu se trouvent des pratiques vernaculaires. La connexion entre acteurs se mat\u00e9rialise ainsi : pour&nbsp;<strong>Neuvecelle<\/strong>, et plus r\u00e9cemment&nbsp;<strong>les projets \u00e0 Autrans (38), Homs&nbsp;&nbsp;Campestre-et-Luc (30)<\/strong>, nous rencontrons un artisan, qui nous fait rencontrer un fournisseur, et lui-m\u00eame un autre artisan. La maquette, le mod\u00e8le r\u00e9duit, qu\u2019on am\u00e8ne voir ces personnes, est une m\u00e9thode de travail pour n\u00e9gocier les diff\u00e9rents points de vue rencontr\u00e9s au cours de l\u2019enqu\u00eate, il ram\u00e8ne le monde \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, le contient et le restitue, comme le font les cartes \u00e0 une autre \u00e9chelle, quand il s\u2019agit de cartographier la zone critique que l\u2019on connait si peu (cartes Terra Forma, carte BAP, carte CZO).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Cr\u00e9er une relation de proximit\u00e9 avec les artisans permet aussi de ramener le projet vers de l\u2019artisanat, une implication qui garantit aussi des qualit\u00e9s de fabrication. Les connexions se poursuivent dans les projets d\u2019urbanisme. En tant qu\u2019urbaniste il faut connecter le maitre d\u2019ouvrage et les artisans de leur territoire qu\u2019ils ne connaissent pas forc\u00e9ment ou qu\u2019ils ne rencontrent pas au bon moment. A&nbsp;<strong>Nantes<\/strong>&nbsp;les prix au m2 \u00e9taient limit\u00e9s. Le fait d\u2019avoir amen\u00e9 le MOA en voyage avec nous, avant m\u00eame que le dessin du quartier ne soit fini, \u00e0 la rencontre des artisans locaux, a permis de faire en sorte que la MOA reconsid\u00e8re les prix de construction au m2, pour toute la fili\u00e8re locale, des fournisseurs aux artisans. Dans les ZAC (Nantes, Nancy), nous demandons d\u00e9sormais la r\u00e9alisation d\u2019un prototype \u00e0 \u00e9chelle 1, d\u2019un bout de b\u00e2timent avant le projet car cela permet d\u2019ajuster les d\u00e9tails.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">\u00catre connecteur, c\u2019est aussi connecter des temps et des lieux disjoints ou \u00e9loign\u00e9s. Des temps anciens (des usages oubli\u00e9s) aux temps contemporains et aux temps futurs pour retrouver des trajectoires de l\u2019histoire. Des lieux en Iran aux lieux en France, pour tracer des lignes sans fronti\u00e8res. Mais aussi des milieux, milieux souterrains et milieux en surface, que nous avons longtemps dissoci\u00e9s. La crise climatique nous oblige \u00e0 r\u00e9inventer nos relations aux temps, aux espaces, aux sols et \u00e0 l\u2019impact des activit\u00e9s humaines dans ces strates et ces cycles. Jusqu\u2019\u00e0 quel degr\u00e9 de perturbation d\u2019un cycle (carbone, nitrate, ou phosphore par ex.), est-il encore possible de vivre et subsister sur un territoire ? Comment certains cycles garantissent-ils la fertilit\u00e9 des territoires \u2013 et \u00e0 quelles temporalit\u00e9s ? \u00catre connecteur, c\u2019est tent\u00e9 de r\u00e9v\u00e9ler (et r\u00e9sorber ?) le lien entre dynamiques terrestres et injustices spatiales. C\u2019est ce que nous essayons de mettre en \u0153uvre dans nos projets \u00e0 toutes les \u00e9chelles, qu\u2019ils soient exp\u00e9rimentaux, politiques, construits ou dessin\u00e9s.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\"><strong>Concevoir de l\u2019int\u00e9rieur&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Pour envisager le projet politiquement, il faut travailler les conditions dans lesquelles on se r\u00e9unit. A Nantes, o\u00f9 des ambitions tr\u00e8s importantes cristallisaient des tensions, nous avons propos\u00e9 de d\u00e9placer le lieu de nos r\u00e9unions dans un espace du quartier qu\u2019ils n\u2019utilisaient pas. Concevoir depuis le site, depuis l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un quartier, change notre rapport au projet. Nous voyageons localement autant que possible avec les clients, pour rencontrer des scieries, des carri\u00e8res. C\u2019est une mani\u00e8re de concevoir un projet de l\u2019int\u00e9rieur, dans les capacit\u00e9s intrins\u00e8ques du lieu, ou d\u2019une technique, ou d\u2019un mat\u00e9riau \u2013 et pas au-del\u00e0. Dans le projet Shiraz \u2013 dont nous avons \u00e9t\u00e9 laur\u00e9at \u2013 nous avions men\u00e9 une enqu\u00eate sur les activit\u00e9s artisanales autour du site de projet, proche du bazar, et avons con\u00e7u la programmation avec les artisans et commer\u00e7ants. Nous avons ensuite trac\u00e9 le plan des rues et du b\u00e2ti entrem\u00eal\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 ramener le territoire dans le site : trajets, activit\u00e9s, faune et flore \u2013 le site rassemble 30 entit\u00e9s composant le territoire qui se r\u00e9unissent dans le lieu \u2013 comme l\u2019histoire des&nbsp;<em>Simorgh<\/em>. Les cartes Terra Forma des observatoires de la zone critique se con\u00e7oivent depuis l\u2019int\u00e9rieur, en suivant les scientifiques au travail, sur leurs terrains, en visualisant depuis l\u2019int\u00e9rieur le point de vue des capteurs qui changent notre compr\u00e9hension de l\u2019environnement. Comme dans O\u00f9 atterrir ?, il s\u2019agit de redescriptions de nos territoires que l\u2019on croit connaitre mais que l\u2019on comprend en fait tr\u00e8s peu : on ne sait pas pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 passe l\u2019eau en souterrain ; o\u00f9 va un oiseau, o\u00f9 va un ion calcium. Les nouveaux capteurs permettent d\u2019appr\u00e9hender ces trajectoires et de tracer de nouvelles cartes avec ces donn\u00e9es jusqu\u2019alors inconnues, et potentiellement de cr\u00e9er des outils pour faire dialoguer des acteurs qui sont en conflit sur les territoires, justement parce qu\u2019il manque ces informations pour tracer les controverses.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Quel est l\u2019impact d\u2019un mat\u00e9riau de fa\u00e7ade sur l\u2019eau de pluie qui s\u2019est \u00e9coul\u00e9 dessus, et qui repart dans les r\u00e9seaux, peut \u00eatre jusqu\u2019au cours d\u2019eau ? Quels sont les mat\u00e9riaux qui changent la composition chimique de l\u2019eau ? Tout projet s\u2019inscrit dans un bassin versant, une zone critique. Le rapport \u00e0 l\u2019air est aussi crucial, comment un b\u00e2timent vit dans son environnement chimique ? Il n\u2019y a pourtant actuellement rien qui permet de mesurer tout cela. D\u00e8s lors, comment mettre en place des projets avec les g\u00e9ochimistes qui travaillent sur l\u2019environnement et les int\u00e9grer dans les \u00e9quipes de projet ?&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Comment mettre en pratique dans les projets publics les approches de OA et ZC (ZKM) ? Les scientifiques de la zone critique instrumentent et observent sur moyen et long terme des milieux naturels, permettant de comprendre un peu mieux comment peuvent se maintenir des conditions d\u2019habitabilit\u00e9. Ces chercheurs, g\u00e9ophysiciens, g\u00e9ochimistes ont formul\u00e9 le souhait de pouvoir instrumenter des b\u00e2timents capteurs, d\u2019installer des capteurs pour mesurer la ville. Nos b\u00e2timents pourraient devenir des b\u00e2timents qui permettent aussi cette observation en ville, pour r\u00e9ajuster, recorriger, l\u2019aspect des constructions, des \u2018Long term sensor building\u2019. Ou inversement, que serait un observatoire dans le paysage cr\u00e9\u00e9 avec des architectes, notamment pour abriter certains \u00e9quipements ? Il s\u2019agit aussi de travailler \u00e0 la fois avec des petites entreprises (artisans) et de grandes institutions de recherche comme celle qui accueille la zone critique (IPGP, OZCAR) : changer petit \u00e0 petit les institutions qui doivent se renouveler, reconnecter les sciences \u00e0 l\u2019artisanat en \u00ab menant des projets politiquement \u00bb.&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>Les projets de recherche-d\u00e9veloppement par dates&nbsp;<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024-2025 &#8211; IPGP (Institut de Physique du Globe) &#8211; Visualisations alternatives des cycles biog\u00e9ochimiques. Avec J\u00e9r\u00f4me Gaillardet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023-2025&nbsp;\u2013&nbsp;TERRA FORMA Equipex CNRS, WP4&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Cartographier les observatoires de&nbsp;l\u2019Anthropoc\u00e8ne&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023-2024&nbsp;\u2013&nbsp;Prospective Lorient&nbsp;\u2013&nbsp;repr\u00e9sentation des donn\u00e9es de recherche (mod\u00e9lisations de sc\u00e9narios climatiques) et&nbsp;d\u2019un projet de&nbsp;sciences participatives autour de capteurs de Nitrate. Universit\u00e9 de Rennes. OSUR.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023-2024&nbsp;\u2013&nbsp;O\u00f9 atterrir dans le Br\u00e9zouart ? recherche-action Les nouveaux cahiers de dol\u00e9ances pour&nbsp;le Jardin des Sciences de Strasbourg autour de la commune d\u2019Aurbure.&nbsp;Avec Soheil Hajmirbaba et&nbsp;l\u2019OHGE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2022-2023&nbsp;\u2013&nbsp;Mission cartographique pour les Ateliers Luma \u00e0 Arles, \u00ab Cartes (re)sources \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2022&nbsp;\u2013&nbsp;Art Residency \u00ab The Future of High Waters \u00bb in Venice, STARTS4Water hosted by TBA21 avec Sonia Levy (artist), Meredith Root-Bernestein (CNRS Museum paris) and Heather Anne Swanson.&nbsp;2020-2022&nbsp;\u2013&nbsp;O\u00f9 atterrir \u00e0 Ris Orangis ? recherche-action Les nouveaux cahiers de dol\u00e9ances pour la Mairie ; cr\u00e9ation du premier Laboratoire des Dol\u00e9ances. Avec Soheil Hajmirbaba et Bruno Latour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2020-2022&nbsp;\u2013&nbsp;O\u00f9 atterrir \u00e0 Arles ? recherche-action Les nouveaux cahiers de dol\u00e9ances pour la Fondation Luma Arles. Avec Soheil Hajmirbaba&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2019-2022&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Terra Forma, cartographier les cosmopolitiques de la Terre \u00bb. Centre des Politiques de la Terre, IdEx Universit\u00e9 de Paris, ANR-18-IDEX-0001. Avec Axelle Gr\u00e9goire et Eric Gayer 2018-2022&nbsp;\u2013&nbsp;Bourse SEED, Universit\u00e9 de Manchester (bourse PhD).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2020-2021&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab O\u00f9 Atterrir ? Les Nouveaux Cahiers de Dol\u00e9ances \u00bb Projet Pilote dans la R\u00e9gion Centre, France. Minist\u00e8re de la transition \u00e9cologique et solidaire. Avec Bruno Latour et S-Composition&nbsp;<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>La recherche d\u00e9veloppement s\u2019appuie sur des corpus en sciences sociales et humanit\u00e9s environnementales qui traitent du lien entre nature, technologie et crise environnementale. Les projets de shaa visent \u00e0 mettre en action ces recherches en les ancrant dans des contextes territoriaux, politiques et scientifiques actuels.<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Comprendre l&rsquo;\u00e9volution des territoires dans l&rsquo;<strong>Anthropoc\u00e8ne<\/strong>&nbsp;est crucial pour l&rsquo;habitabilit\u00e9 de la Terre. La crise environnementale renouvelle l&rsquo;attention port\u00e9e aux \u00e9l\u00e9ments granulaires tels que les produits chimiques, le sable, les nutriments, l&rsquo;eau, les vers de terre, les champignons, etc. (Tsing 2015, 2017, 2021). En effet, leur \u00e9ventuelle disparition ou transformation menace les \u00e9tablissements humains : l&rsquo;habitabilit\u00e9 de notre plan\u00e8te d\u00e9pend de ces diff\u00e9rentes entit\u00e9s et de leur enchev\u00eatrement. C&rsquo;est la manifestation de \u00ab&nbsp;l&rsquo;intrusion de Ga\u00efa&nbsp;\u00bb, terme propos\u00e9 par Stengers (2015) apr\u00e8s la d\u00e9couverte scientifique de l&rsquo;hypoth\u00e8se Ga\u00efa par Lovelock et Margulis (1979, 1995, 1998), puis approfondi par le sociologue Latour (2017, 2020), et le biochimiste Lenton (2019, 2020). L&rsquo;intrusion de Gaia souligne les effets de l&rsquo;Anthropoc\u00e8ne (Crutzen 2000, 2002, Zalasiewicz 2015, 2016, 2020, Bonneuil et Fressoz 2016) mais c&rsquo;est aussi une approche beaucoup plus cosmopolitique du probl\u00e8me dans lequel les humains ne peuvent pas r\u00e9soudre seuls les changements qu&rsquo;ils ont d\u00e9clench\u00e9s, parce que les organismes vivants ont leur propre fa\u00e7on de r\u00e9pondre et de fa\u00e7onner la \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb. Par cons\u00e9quent, deux visions de la \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb s&rsquo;affrontent : la vision anthropocentrique, qui perp\u00e9tue une id\u00e9e de la nature comme un corps passif, un arri\u00e8re-plan des activit\u00e9s humaines, comme le critiquent de nombreux auteurs (Haraway 1988, Olwig 2008), et la vision cosmopolitique (Stengers 2010, Latour 2004, 2010), dont l&rsquo;approche vise \u00e0 mieux comprendre cette intrusion de Gaia, \u00e0 travers la variabilit\u00e9, l&rsquo;agence, la complexit\u00e9 et la pluralit\u00e9 des entit\u00e9s naturelles (Yaneva 2015), et \u00e0 relier ce cosmos complexe \u00e0 la politique (Stengers 2010, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">La Science, Technologie et Soci\u00e9t\u00e9 (STS) est un domaine interdisciplinaire qui examine les&nbsp;<strong>interactions complexes entre la science, la technologie et la soci\u00e9t\u00e9<\/strong>&nbsp;(Latour et Woolgar S. 1979 ; Latour 1988, 2005 ; Galison 2014). Plusieurs auteurs en STS ont contribu\u00e9 \u00e0 la compr\u00e9hension des enjeux sociaux, politiques et \u00e9thiques li\u00e9s \u00e0 aux technologies des capteurs de l\u2019environnement. Donna Haraway, dans son ouvrage influent \u00ab\u00a0Manifeste Cyborg\u00a0\u00bb (1985), explore la fusion entre les organismes biologiques et les machines. Bien que cela ne se concentre pas sp\u00e9cifiquement sur les capteurs, ses id\u00e9es ont des implications pour la mani\u00e8re dont nous conceptualisons les technologies environnementales et leur relation avec les \u00eatres vivants. Bruno Latour, c\u00e9l\u00e8bre pour son approche de l&rsquo;acteur-r\u00e9seau, examine comment les objets, y compris les capteurs, agissent en tant qu&rsquo;acteurs sociaux. Son travail souligne l&rsquo;importance de comprendre les r\u00e9seaux complexes dans lesquels les technologies environnementales sont ins\u00e9r\u00e9es. Jennifer Gabrys, dans son ouvrage \u00ab\u00a0Program Earth: Environmental Sensing Technology and the Making of a Computational Planet\u00a0\u00bb (2016), explore la mani\u00e8re dont les capteurs environnementaux contribuent \u00e0 la construction d&rsquo;une plan\u00e8te computationnelle. Elle met en \u00e9vidence comment ces technologies ne sont pas seulement des outils de mesure, mais participent activement \u00e0 la d\u00e9finition de notre relation avec l&rsquo;environnement. Gabrys souligne \u00e9galement les questions li\u00e9es \u00e0 la participation citoyenne dans le d\u00e9ploiement et la gestion de ces capteurs, ce qui a des implications importantes pour la d\u00e9mocratisation du monitoring environnemental. Le travail de Gabrys enrichit ainsi la compr\u00e9hension des capteurs de l&rsquo;environnement en mettant en \u00e9vidence leur r\u00f4le dans la transformation de nos perceptions de l&rsquo;environnement, ainsi que les questions li\u00e9es \u00e0 la gouvernance participative et \u00e0 la responsabilit\u00e9 sociale dans l&rsquo;utilisation de ces technologies. L\u2019id\u00e9e de capteurs cosmopolitiques est esquiss\u00e9e du fait de la diversit\u00e9 des visions que les capteurs apportent, contribuant ainsi \u00e0 la reconnaissance des multiples entit\u00e9s qui fa\u00e7onnent la Terre. Stengers souligne \u00e9galement l&rsquo;importance de consid\u00e9rer les cons\u00e9quences \u00e9thiques de nos actions technologiques et scientifiques. Ainsi, le travail de Stengers \u00e9largit la perspective sur les capteurs de l&rsquo;environnement en mettant l&rsquo;accent sur les implications plus larges de nos choix technologiques et scientifiques pour la soci\u00e9t\u00e9 et la plan\u00e8te. Les STS fournissent des perspectives riches sur la mani\u00e8re dont les capteurs de l&rsquo;environnement ne sont pas simplement des instruments techniques, mais sont profond\u00e9ment enchev\u00eatr\u00e9s dans des r\u00e9seaux sociaux, politiques et \u00e9thiques, soulignant ainsi l&rsquo;importance de comprendre ces technologies au-del\u00e0 de leurs aspects purement techniques, en mettant l&rsquo;accent sur les implications sociales et les choix qui les entourent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Les&nbsp;<strong>cartes<\/strong>&nbsp;sont des outils puissants pour construire des connaissances, pour envisager le futur, mais aussi pour attribuer du pouvoir \u00e0 ceux qui les poss\u00e8dent (Da Cunha 2018 ; Farinelli 2009 ; Grevsm\u00fchl 2024, 2026 ; Koyr\u00e9 1968 ; Lacoste 2014 ; Latour 1986, 2010, 2013 ; Nagel 1986 ; Shapin 1998). Le Nouveau R\u00e9gime Climatique (Latour 2018), quant \u00e0 lui, rend difficile d&rsquo;envisager ces futurs et nous oblige \u00e0 questionner nos savoirs, dans leur contenu m\u00eame et leur m\u00e9thode, afin, peut-\u00eatre, de changer le statu quo de l&rsquo;ordre politique bas\u00e9 sur l&rsquo;ancien r\u00e9gime, d\u00e9sormais dangereux car il entrave nos actions pour faire face \u00e0 ce NCR. Les cartes doivent \u00eatre rebattues. En effet, nous n&rsquo;avons pas seulement besoin de cartes pour nous positionner en un point de l&rsquo;espace &#8211; le fameux point GPS de la grille de latitude et de longitude (Latour et al. 2010), car cela n&rsquo;indique pas s&rsquo;il est encore possible de vivre dans un lieu d\u00e9vast\u00e9 par la pollution, le d\u00e9sastre climatique, la st\u00e9rilisation des sols, etc. En plus des cartes cart\u00e9siennes, nous avons besoin de nouvelles cartes pour nous situer dans l&rsquo;espace-temps du NRC et pour nous montrer avec qui nous habitons et partageons la Terre (Ait Touati, Ar\u00e8nes, Gr\u00e9goire, 2019).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Une fa\u00e7on d&rsquo;aborder le probl\u00e8me est d&rsquo;utiliser les recherches sur les limites plan\u00e9taires et plus sp\u00e9cifiquement sur les&nbsp;<strong>cycles biog\u00e9ochimiques<\/strong>. Les limites plan\u00e9taires, qui \u00e9valuent l&rsquo;habitabilit\u00e9 de la Terre, sont en effet largement d\u00e9pass\u00e9es (Rockstr\u00f6m 2009). La d\u00e9r\u00e9gulation des cycles biog\u00e9ochimiques est responsable du fait que la Terre ne sera pas habitable dans un avenir proche. Les activit\u00e9s humaines ont pouss\u00e9 les cycles biog\u00e9ochimiques trop loin, mais jusqu&rsquo;o\u00f9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale, sur un territoire particulier ? Les limites plan\u00e9taires ne nous donnent pas ce genre d&rsquo;informations. Pourtant, ne serait-il pas crucial &#8211; critique &#8211; pour un territoire de savoir s&rsquo;il est d\u00e9j\u00e0 inhabitable et d&rsquo;o\u00f9 vient la menace (l&rsquo;\u00e9chelle globale \u00e0 tracer) ? D&rsquo;une part, les architectes et les urbanistes ont l&rsquo;habitude de travailler sur des terrains d\u00e9grad\u00e9s, des ruines, pour les r\u00e9habiliter, mais ne prennent jamais en compte les cycles biog\u00e9ochimiques dans ce processus. Ils sont cruciaux et pourtant largement n\u00e9glig\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;exception des recherches sur le m\u00e9tabolisme territorial (Le No\u00eb et al. 2016, Barles 2017, Esculier 2018) mais qui se concentrent principalement sur les mat\u00e9riaux et les flux de ressources, ou qui ne font pas de recherche sur la cartographie pour changer le point de vue. D&rsquo;autre part, les cycles sont le plus souvent dessin\u00e9s sans les activit\u00e9s humaines et les enjeux politiques, ce qui pourrait expliquer le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat de la planification territoriale. A l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;Anthropoc\u00e8ne (Crutzen 2000 ; Zalasiewicz 2015, 2020 ; Bonneuil et Fressoz 2016), ces sph\u00e8res ne peuvent plus \u00eatre s\u00e9par\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">En parall\u00e8le, les scientifiques des observatoires des&nbsp;<strong>zones critiques<\/strong>&nbsp;d\u00e9veloppent de nouvelles compr\u00e9hensions de la Terre (Ar\u00e8nes 2022). Ils \u00e9tudient comment les cycles terraforment les territoires et comment les activit\u00e9s humaines les perturbent de mani\u00e8re parfois inattendue. Les scientifiques sp\u00e9cialistes des zones critiques cherchent \u00e0 comprendre les changements des cycles chimiques sur des sites sp\u00e9cifiques \u00e0 travers la Terre et comment ils sont li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. Le concept de zone critique (ZC) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couche habitable de la Terre, \u00ab\u00a0entre les roches et le ciel\u00a0\u00bb. Les observatoires de la zone critique (OZC) sont situ\u00e9s \u00e0 plusieurs endroits dans le monde, dans des paysages ou des bassins versants choisis comme sentinelles des perturbations environnementales pour \u00e9tudier l&rsquo;eau, le sol, l&rsquo;air, les organismes vivants et leurs interactions, dans lesquels les processus sont \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 toutes les \u00e9chelles de temps (ou paysages temporels). Les OZC sont des lieux hautement instrument\u00e9s avec des capteurs pour surveiller l&rsquo;appauvrissement des sols, la pollution chimique de l&rsquo;eau, la perte de biodiversit\u00e9, sur le long terme et la fa\u00e7on dont ces processus sont coupl\u00e9s et interf\u00e8rent dans les lieux de vie (Brantley 2007, 2017), en utilisant la g\u00e9ophysique, la g\u00e9ochimie, la biologie, l&rsquo;hydrologie et ainsi de suite. Les capteurs sont des fen\u00eatres, des optiques, \u00e0 partir desquelles les scientifiques observent non seulement des ph\u00e9nom\u00e8nes importants et parfois invisibles, mais collectent \u00e9galement une quantit\u00e9 importante de donn\u00e9es qu&rsquo;ils stockent, partagent, analysent, \u00e9changent, etc. Les capteurs terrestres sont \u00e9tudi\u00e9s dans la recherche STS (Houdart 2015, Grabys 2016, 2020) mais pas dans le domaine des zones critiques, m\u00eame si le r\u00e9seau est important. Hormis des int\u00e9r\u00eats r\u00e9cents (Latour et Weibel 2020), ces connaissances ne sont pas suffisamment li\u00e9es aux sciences humaines ni aux politiques d&rsquo;am\u00e9nagement du territoire, et rien n&rsquo;existe actuellement pour combler cette lacune. Une des manifestations de cette lacune est que les ZC et la fa\u00e7on dont elles tracent les cycles ne sont pas document\u00e9es par nos syst\u00e8mes de repr\u00e9sentation actuels, qui ne traitent pas le concept de ZC et les donn\u00e9es qui s&rsquo;y rapportent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Les questions sont donc les suivantes : comment d\u00e9velopper un meilleur syst\u00e8me de r\u00e9f\u00e9rence cartographique qui int\u00e8gre la question des limites plan\u00e9taires \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle locale afin de mieux situer empiriquement l&rsquo;habitabilit\u00e9 de la terre ? Comment fonder des cartes, utilisables par la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble, sur les connaissances et les donn\u00e9es de la science des zones critiques, avec la question des dynamiques et des ressources terrestres ? Comment informer les territoires et l&rsquo;am\u00e9nagement de ces connaissances pour mieux d\u00e9cider du d\u00e9veloppement et de l&rsquo;am\u00e9nagement des territoires ?<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>Des sols \u00e0 la zone critique, un engagement \u00e9cologique<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Alors que le sol est l\u2019objet d\u2019une attention croissante ces derni\u00e8res ann\u00e9es, il n\u2019est n\u00e9anmoins qu\u2019une des dimensions de la zone critique, une de ces couches, certes importante, mais qui doit s\u2019observer, se comprendre, voire \u00eatre recompos\u00e9, avec les autres compartiments de la zone critique, des profondeurs des roches alt\u00e9r\u00e9es qui, par la lente progression \u00e0 la surface rel\u00e2che les min\u00e9raux essentiels \u00e0 la formation de la couche des sols, jusqu\u2019en haut de la canop\u00e9e o\u00f9 les \u00e9changes avec la basse atmosph\u00e8re provoque l\u2019alt\u00e9ration des sols, leur renouvellement constant \u00e0 la surface de la Terre. Si la zone critique est un objet de recherche scientifique complexe, il n\u2019en est pas moins n\u00e9cessaire d\u2019en comprendre les principales dynamiques et m\u00e9canismes avant d\u2019envisager un projet d\u2019am\u00e9nagement urbain \u00e0 toutes les \u00e9chelles \u2013 ou d\u2019artificialisation du sol \u2013 qui bouleversera bien plus que la surface du sol. La circulation de l\u2019eau en profondeur, la g\u00e9ologie et morphologie, le climat, les bact\u00e9ries et champignons, et bien plus encore contribuent \u00e0 la lente formation des sols selon un cycle naturel que les activit\u00e9s humaines viennent perturber, voire interrompre en d\u00e9pla\u00e7ant, supprimant de la mati\u00e8re \u00e0 plus ou moins grande profondeur. Or, l\u2019am\u00e9nagement des territoires, qui s\u2019int\u00e9resse r\u00e9cemment \u00e0 la fine couche du sol, est essentiellement bas\u00e9e sur une dynamique d\u2019occupation des sols en surface et tenant peu compte des flux de mati\u00e8res et des cycles biog\u00e9ochimiques qui terraforment pourtant les territoires.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">La recherche-d\u00e9veloppement entreprise par Atelier shaa \/ SOC vise \u00e0 rapprocher les sciences de la zone critique avec l\u2019am\u00e9nagement du territoire en int\u00e9grant ces sciences jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pas du tout mobilis\u00e9es dans le projet, notamment la g\u00e9ophysique et la g\u00e9ochimie, afin de d\u00e9terminer ensemble quels param\u00e8tres seraient essentiels \u00e0 prendre en compte dans les projets pour pr\u00e9server ou restaurer la zone critique en milieu urbain. L\u2019intuition pressentie est qu\u2019une mani\u00e8re plus holistique de faire projet, plus interdisciplinaire, doit \u00eatre mise en place.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Cela doit s\u2019accompagner d\u2019une compr\u00e9hension et acceptation socio-\u00e9cologique. Or, la ville de Ris-Orangis est \u00e0 ce sujet pr\u00e9curseur de d\u00e9marches exp\u00e9rimentales socio-environnementales. Depuis 3 ans, SHAA a men\u00e9 des ateliers de nouveaux cahiers de dol\u00e9ance con\u00e7us avec Bruno Latour sur la m\u00e9thode O\u00f9 atterrir ?&nbsp;(renouvellement des institutions politiques par le bas) et suite \u00e0 cela, la ville a lanc\u00e9 le premier Laboratoire des Dol\u00e9ances en France. La ville a par ailleurs \u00e9t\u00e9 laur\u00e9ate de l\u2019\u00e9tude de sols ADEME dans la perspective de la ZAN.&nbsp;<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>Des capteurs environnementaux encore sous-utilis\u00e9s pour la conception<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Dans les \u00e9tudes urbaines sur les ambiances notamment, quelques capteurs sont mobilis\u00e9s pour mesurer des sons ou niveaux sonores, la lumi\u00e8re, ou la pollution. Les mesures m\u00e9t\u00e9orologiques et climatiques sont aussi largement utilis\u00e9es dans ces \u00e9tudes et dans les projets urbains qui s\u2019en inspirent. Un capteur mesure un ordre de grandeur d\u2019un \u00e9l\u00e9ment \u00e0 connaitre. Les mesures ne sont pas des m\u00e9triques uniformes telles que celles qu\u2019on retrouve dans les \u00e9chelles de cartes par exemple. Les capteurs des zones critiques et des Zones Ateliers, et ceux d\u00e9velopp\u00e9s dans le projet TERRA FORMA Equipex +, mesurent des ordres de grandeurs vari\u00e9s et parfois incommensurables les uns avec les autres, et c\u2019est ce qui en fait la richesse en termes de potentiel de d\u00e9couverte de nos environnements. Certains capteurs mesurent des positions et des comportements dans l\u2019espace (traceurs GPS sur des insectes, des animaux ou cam\u00e9ra pi\u00e8ge video et sonore hyper sensible), d\u2019autres mesures des activit\u00e9s microbiennes en milieu souterrain, d\u2019autres encore des potentiels chimiques, d\u2019autres aussi la respiration des \u00e9cosyst\u00e8mes. Ces mesures incommensurables doivent pourtant \u00eatre mise ensemble&nbsp;: visibles ensemble, comprises ensemble, car elles sont interd\u00e9pendantes. Ce fut le r\u00f4le des cartes de mettre ensemble des informations diff\u00e9rentes \u00e0 partir d\u2019un r\u00e9f\u00e9rentiel commun, partageable, \u00e0 partir d\u2019un point de vue. Or, si, comme l\u2019affirme Bruno Latour, \u00ab&nbsp;la t\u00e2che de la connaissance n\u2019a plus pour but d\u2019unifier le divers sous la repr\u00e9sentation mais devient celle de multiplier le nombre d\u2019agents qui peuplent le monde&nbsp;\u00bb, comment retrouver cette n\u00e9cessit\u00e9 de mise en commun tout en gardant la diversit\u00e9 des points de vue, ou des points de vie, sans effacer la complexit\u00e9&nbsp;?<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>De la concertation aux dol\u00e9ances, un engagement politique<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Le Projet O\u00f9 atterrir ? (OA)&nbsp;(R\u00e9gion Limousin ; Fondation Luma Arles (13), Ville de Ris-Orangis (91), Br\u00e9zouard dans les Vosges) est une concertation revisit\u00e9e \u00e0 100% pour tenter de la rendre op\u00e9rationnelle. OA est un projet de description ainsi qu\u2019un projet processuel. C\u2019est un projet qui engage l\u2019espace dans le sens o\u00f9 l\u2019on con\u00e7oit des parlements (des choses). Il y a de la spatialisation : comment spatialiser une description ? Comment spatialiser le moment d\u2019\u00e9changes avec d\u2019autres personnes pr\u00e9sentes ? Le projet OA est une exp\u00e9rimentation grandeur nature dans un travail transdisciplinaire, o\u00f9 des gens diff\u00e9rents viennent enrichir l\u2019architecture de ce processus. L\u2019objectif est d\u2019\u00e9crire des dol\u00e9ances, qui sont historiquement des prescriptions, des demandes, qui ont transform\u00e9es le territoire. La dol\u00e9ance est une pr\u00e9programmation. C\u2019est comme si l\u2019on faisait une concertation non pas \u00e0 partir d\u2019un projet qui est d\u00e9j\u00e0 fait et qu\u2019il \u2018faut faire accepter\u2019, mais parce que l\u2019on ne sait justement pas quoi faire. A Ris Orangis, dans cette optique, le projet OA a renouvel\u00e9 les pratiques de la commune. Cela met la concertation tr\u00e8s en amont par la description et l\u2019\u00e9criture de dol\u00e9ances avant le projet, et c\u2019est de cela que d\u00e9coulera le projet.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Les projets interdisciplinaires de recherche ZC et OA, croisant sciences de la Terre, sciences politiques, sciences humaines et sociales, cartographie et architecture, n\u00e9cessitent la structuration de deux p\u00f4les R&amp;D au sein de sha\u0101.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">D\u2019abord, cr\u00e9er un objet identifiable pour la cr\u00e9ation de projets d\u2019am\u00e9nagement avec les sciences de la zone critique. Nous proposons de construire une plateforme Atlas des Zones critiques, proposant \u00e0 la fois des outils cartographiques et des donn\u00e9es scientifiques pour int\u00e9grer les param\u00e8tres des sciences de la Terre dans la conception des projets d\u2019am\u00e9nagement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">En second lieu, transformer les protocoles de concertation qui atteignent aujourd\u2019hui des plafonds de verre vers des protocoles O\u00f9 atterrir. Nous proposons d\u2019ins\u00e9rer ces protocoles dans chaque consultation pour d\u00e9placer la commande et int\u00e9grer les dol\u00e9ances des citoyens, notamment dans les milieux p\u00e9riurbains ou les classes socio-professionnelles sous repr\u00e9sent\u00e9s dans les d\u00e9cisions d\u2019am\u00e9nagement des territoires.&nbsp;<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>R\u00e9sultats<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ces travaux ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s dans de nombreuses conf\u00e9rences internationales et s\u00e9minaires et dans divers champs disciplinaires et contextes (spatial studies, STS, sciences de la Terre, th\u00e9orie des Arts), et ont fait l\u2019objet de plusieurs publications (articles en comit\u00e9s de lecture, chapitres de livre, articles de revue). Parmi les objectifs de tous ces projets de recherche figurait l&rsquo;incarnation de questions globales dans un r\u00e9cit local qui prend en compte les liens entre les collectifs humains et non humains, \u00e0 la fois dans ses dimensions mat\u00e9rielles, cartographiques et affectives (attachement au territoire). La description des capteurs avec de nouvelles infrastructures permet aux scientifiques et aux citoyens de collecter de nouveaux signaux, de lever le voile de l&rsquo;invisibilit\u00e9, de faciliter l&rsquo;ubiquit\u00e9 afin de saisir les points et moments chauds, et de multiplier les points de vue sur cette terre inconnue et soudainement r\u00e9active. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">LIVRES (voir d\u00e9tails sur le site)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">CHAPITRE DE LIVRE&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024 (\u00e0 para\u00eetre)&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Voyager dans la zone critique \u00bb, dans&nbsp;<em>Habiter la terre<\/em>, sous la direction de Bruno Latour et S\u00e9bastien Dutreuil, Ed. La d\u00e9couverte.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2022&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab The Critical Zone observatory space \u00bb, dans&nbsp;<em>Infrastructural Love: Caring for Our Architectural&nbsp;Support Systems<\/em>, \u00e9dit\u00e9 par A.Carbonell, H.Frichot, H.Frykolm, and S.Karami. Editions Birkh\u00e4user 2020&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Traveling through the Critical Zone \u00bb dans&nbsp;<em>Critical Zones.&nbsp;The Science and Politics of Landing on Earth,&nbsp;<\/em>\u00e9dit\u00e9 par Bruno Latour et Peter Weibel. MIT Press.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">ARTICLES&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab From Spheres to cycles \u00bb in&nbsp;<em>Log 60 : The Sixth Sphere&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Terra Forma Speculative Mapping : Paris Watershed and Underground Environment \u00bb in<em>&nbsp;Footprint&nbsp;&nbsp;33 : Situating More-Than-Human Ecologies of Extended Urbanisation<\/em>, TU Delft Journal.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2020&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Inside the Critical Zone \u00bb dans&nbsp;<em>GeoHumanities Monsoon Assemblages Forum: Practices and<\/em> <em>Curations<\/em>. Editions Taylor &amp; Francis.&nbsp;DOI:<a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/2373566X.2020.1803758\">&nbsp;10.1080\/2373566X.2020.1803758<\/a><a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1080\/2373566X.2020.1803758\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2018&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Giving Depth to the Surface&nbsp;\u2013&nbsp;an Exercise in the Gaia-graphy of Critical Zones \u00bb, dans&nbsp;<em>The Antropocene Review, Volume 5 Issue<\/em>, avec Bruno Latour et J\u00e9r\u00f4me Gaillardet.&nbsp;Editions SAGE journals<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2022&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab&nbsp;Cartographier l\u2019arbre-monde \u00bb, dans les&nbsp;<em>Carnets du paysage n\u00b040, Vivants d&rsquo;abord<\/em>, \u00e9dit\u00e9 par G.Tiberghien et JM. Besse. \u00c9ditions Acte Sud.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2022&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Cartographies invisibles \u00bb dans&nbsp;<em>Regards du Grand Paris<\/em>, \u00c9ditions Textuel, centre National des Arts Plastiques et Ateliers M\u00e9dicis.&nbsp;Avec F.A\u00eft-Touati et A.Gr\u00e9goire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2022.&nbsp;<em>The soil map of the Strengbach Critical Zone Observatory<\/em>, dans OASE 110.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2019&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab If the Earth is not the globe, how to sketch it? \u00bb dans&nbsp;<em>NESS 2:<\/em>&nbsp;<em>Mad World Pictures<\/em>.&nbsp;Avec Bruno Latour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">WORKSHOPS&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;Atelier \u00ab Abaque des pr\u00e9occupations&nbsp;\u00bb, journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes \u00ab&nbsp;Les marges de man\u0153uvre, ce que peut l\u2019enseignement des Arts et Techniques de la Repr\u00e9sentation en temps de crise \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019art de&nbsp;Clermont-Ferrand sur invitation de Guillaume Meigneux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">CONFERENCES 2023-2024<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024 \u2013 Table ronde \u201cNatures urbaines\u201d au Pavillon de l\u2019Arsenal, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024 \u2013 keynote speaker ARCC-EAAE 2024 Conference at the Aarhus School of Architecture, Denmark.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2024 \u2013&nbsp;&nbsp;Table-ronde \u201cLes gares du Grand Paris\u201d. Cit\u00e9 de l\u2019Architecture Paris.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab R\u00e9inventer le regard \u00bb. Conf\u00e9rence pl\u00e9ni\u00e8re, Fribourg HEIA HES.SO&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Terra Forma \u00bb. Acad\u00e9mie du Climat, Paris. Invitation des \u00e9coles de Design de Paris&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab&nbsp;D\u2019autres Cartes&nbsp;\u00bb. \u00c9cole&nbsp;d\u2019Architecture de Paris Malaquais. Cycle de conf\u00e9rences \u00ab&nbsp;D\u2019autres&nbsp;Reliefs\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Setting the Course \u00bb. Harvard GSD international seminar.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;Journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes&nbsp;Bruno Latour et&nbsp;l\u2019architecture.&nbsp;Communication \u00ab La science et la politique \u00bb.&nbsp;ENSA Malaquais&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;Table-ronde avec P.Descola et G.Quesnet organis\u00e9 par EVA P\u00f4le environnement, ville, architecture, digital &amp; Architecture Studio&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Terra Forma : connectedness. From territory to terrestrial \u00bb. Symposium Spatial Figures in the Anthropocene. ICI Berlin. Collaborative research Center 1265 \u00ab Re-Figuration of Spaces \u00bb.&nbsp;Technische Universitat Berlin&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;Table-ronde \u00ab Composer avec les vivants \u00bb EDF Pulse Design&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;Table-ronde Maison de l\u2019Architecture Ile de France. \u00ab&nbsp;Bruno Latour et les architectes. \u00bb 2023&nbsp;\u2013&nbsp;Table-ronde \u00ab&nbsp;Exp\u00e9rimenter l\u2019interdisciplinarit\u00e9&nbsp;\u00bb, Colloque Habitabilit\u00e9s, Centre des Politiques de la Terre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Du mod\u00e8le \u00e0 la cartographie des observatoires \u00bb, S\u00e9minaire Visualit\u00e9s environnementales, Ecole doctorale SHS, Universit\u00e9 de Lille.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Speculative mappings for the critical zone \u00bb. Keynote speaker Weaving Worlds, organised by Department of Architecture, Delft University of Technology, Netherlands athe t New Institut Rotterdam.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab&nbsp;Cosmopolitical landscapes: report from the critical zone\u201d.&nbsp;Designing in Times of the Anthropocene, Lecture Series Organized by Matters of Activity (Cluster of excellence), Humboldt University, Germany.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab&nbsp;The critical zone: experimental mapping of earth processes.\u201d Urbanism Department, TU Delft.&nbsp;Transitional Territories lecture series&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023 &#8211;&nbsp;\u201cTurning Back Inside? Ethnographies of Interiors\u201d. Humboldt University, Architectural Ethnography Network (Netzwerk Architekturwissenschaft), Berlin, Germany.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Terra Forma, speculative maps. \u00bb. Postgraduate Seminar Power||Energy: Mapping the Thickened Ground of Labour Harvard Graduate School of Design.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">2023&nbsp;\u2013&nbsp;\u00ab Terra Forma, speculative maps. \u00bb Landscape Architecture Department, Technische Universit\u00e4t Berlin.<\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details alignwide is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><strong>Bibliographie<\/strong><\/summary>\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">A\u00eft-Touati, Ar\u00e8nes, Gr\u00e9goire (2019)&nbsp;<em>Terra Forma, manuel de cartographies potentielles<\/em>.&nbsp;B42<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">A\u00eft-Touati F. (2012)&nbsp;<em>Give me a telescope and I shall move the earth: hooke\u2019s attempt to prove the motion of the earth from observations<\/em>. Hist. Sci., l<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Ar\u00e8nes A., Latour B., Gaillardet J. (2018) \u201cGiving Depth to the Surface \u2013 an Exercise in the Gaia-graphy of Critical Zones\u201d,&nbsp;<em>The Anthropocene Review, volume 5, no 2<\/em>, 2018, p. 120-135.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Bonneuil C., Fressoz JB. (2016)&nbsp;<em>The Shock of the Anthropocene. The Earth, History and Us<\/em>. Ed. Verso.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Brantley S.L., Goldhaber M.B., Ragnarsdottir K.V. (2007) \u201cCrossing disciplines and scales to understand the critical zone.\u201d&nbsp;&nbsp;<em>Elements 3:<\/em>&nbsp;307\u2013314.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Brantley SL et al. (2017) \u201cDesigning a network of critical zone observatories to explore the living skin of the terrestrial Earth\u201d.&nbsp;<em>Earth Surface Dynamics<\/em>&nbsp;5(4): 841.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Carmes M., Arruabarrena B., Himbert M. (2023) \u00ab&nbsp;M\u00e9trologies citoyennes et sciences de l\u2019ing\u00e9nieur&nbsp;: l\u2019hybridation des litt\u00e9raties&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Techniques de l\u2019ing\u00e9nieur<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Charbonnier P. (2021)&nbsp;<em>Affluence and Freedom. An Environmental History of Politi- cal Ideas.&nbsp;<\/em>Polity Books.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Da Cunha D. (2018)&nbsp;<em>The Invention of Rivers: Alexander&rsquo;s Eye and Ganga&rsquo;s Descent<\/em>, Penn Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Crutzen P. and Stoermer E. (2000) The \u2018Anthropocene\u2019.&nbsp;<em>Global Change Newsletter<\/em>&nbsp;41: 17-18.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Esculier F. (2018)&nbsp;<em>Le syst\u00e8me alimentation\/excr\u00e9tion des territoires urbains : r\u00e9gimes et transitions socio-\u00e9cologiques<\/em>. Th\u00e8se de doctorat en&nbsp;Sciences et Techniques de l&rsquo;Environnement, soutenue le&nbsp;09-03-2018.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Farinelli, F. (2009)&nbsp;<em>De la raison cartographique (traduit par Katia Bienvenu)<\/em>: CTHS.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Crutzen P. and Stoermer E. (2000) The \u2018Anthropocene\u2019.&nbsp;<em>Global Change<\/em>&nbsp;Newsletter 41: 17-18.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Gabrys J. (2016)&nbsp;<em>Program Earth: Environmental Sensing Technology and the Making of a Computational Planet<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">University Of Minnesota Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Gabrys J. (2020) \u201cSensing a Moving Planet. Critical Zones. Critical Zones\u201d.&nbsp;<em>The Science and Politics of Landing on Earth.&nbsp;<\/em>MIT Press.<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Gaillardet J. (2023)&nbsp;<em>La Terre Habitable, l\u2019\u00e9pop\u00e9e de la zone critique<\/em>.&nbsp;La D\u00e9couverte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Galison P. (2014)&nbsp;<em>Visual STS, Visualization in the Age of Computerization<\/em>. Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Haraway D. (1991)&nbsp;&nbsp;<em>Simians, Cyborgs, and Women<\/em><em>&nbsp;<\/em><em>: The Reinvention of Nature<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Houdart, S. (2015)&nbsp;<em>Les incommensurables<\/em>. Ed Zones Sensibles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour B., Woolgar S. (1979)&nbsp;<em>Laboratory Life: The Social Construction of Scientific Facts<\/em>, Beverly Hills,&nbsp;Sage Publications<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour B. (1988)&nbsp;<em>Science in Action. How to Follow Scientists and Engineers through Society<\/em>. Harvard University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour B. (2004) \u201cWhose Cosmos? Which Cosmopolitics? A Commentary on Ulrich Beck\u2019s Peace Proposal?\u201d in&nbsp;<em>Common Knowledge<\/em>, Vo. 10 Issue 3 Fall 2004 (450-462).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour B. (2005)&nbsp;<em>Reassembling the Social: An Introduction to Actor-Network-Theory<\/em>&nbsp;(New York).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour B. (2010) An Attempt at a \u201cCompositionist Manifesto\u201d.&nbsp;<em>In New Literary History<\/em>&nbsp;Vol. 41 (471-490)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour, B. (2017)&nbsp;<em>Facing Gaia. Eight Lectures on the New Climatic Regime<\/em>&nbsp;(translated by Cathy Porter), London: Polity Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour, B. (2018)&nbsp;<em>Down to Earth: Politics in the New Climatic Regime<\/em>, Polity Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Latour B., Weibel P. (2020)&nbsp;<em>Critical Zones. The Science and Politics of Landing on Earth<\/em>. MIT Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Lovelock, J. (1979)&nbsp;<em>Gaia: A New Look at Life on Earth,<\/em>&nbsp;Oxford ; New York : Oxford University Press<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Le No\u00eb et al. (2016) \u201cLa place du transport de denr\u00e9es agricoles dans le cycle biog\u00e9ochimique de l\u2019azote en France : un aspect de la sp\u00e9cialisation des territoires\u201d.&nbsp;Cahiers Agricultures, 2016, 25, pp.UNSP 15004. 10.1051\/cagri\/2016002 . hal-01304055<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Margulis L. (1998)&nbsp;<em>Symbiotic Planet: A New Look at Evolution<\/em>, Basic Books<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Tresch, J. (2005) Cosmogram. In&nbsp;<em>Cosmogram<\/em>, edited by Jean-Christophe Royoux Melik Ohanian, 67-76. New York: Sternberg.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Tresch J. (2020) \u201cAround the Pluriverse in Eight Objects: Cosmograms for the Critical Zone\u201d.&nbsp;<em>Critical Zones. The Science and Politics of Landing on Earth<\/em>. MIT Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Tsing A. (2015)&nbsp;<em>The Mushroom at the End of the World: On the Possibility of Life in Capitalist Ruins<\/em>. Princeton University Press.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Tsing A., Swanson H., Gan E., Bubandt N. (2017)&nbsp;<em>Arts of Living on a Damaged Planet: Ghosts and Monsters of the Anthropocene<\/em><a href=\"https:\/\/muse.jhu.edu\/search?action=browse&amp;limit=publisher_id:23\">,&nbsp;<\/a><a href=\"https:\/\/muse.jhu.edu\/search?action=browse&amp;limit=publisher_id:23\">University of Minnesota Press<\/a><a href=\"https:\/\/muse.jhu.edu\/search?action=browse&amp;limit=publisher_id:23\">.<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Tsing A., Deger J., Keleman Saxena A. and Zhou F. (2021)&nbsp;<em>Feral Atlas. The More-Than-Human Anthropocene.<\/em>&nbsp;Digital edition Stanford University.&nbsp;<a href=\"https:\/\/feralatlas.org\/\">https:\/\/feralatlas.org<\/a><a href=\"https:\/\/feralatlas.org\/\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Star Leigh S., Grieselmer R. James (1989) Institutional Ecology, \u2018Translations\u2019 and Boundary Objects: Amateurs and Professionals in Berkeley\u2019s Museum of Vertebrate Zoology, 1907-39.&nbsp;<em>Social Studies of Science Vol.19, pp387-420.<\/em><em><\/em><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Stengers, I. (2010)&nbsp;<em>Cosmopolitics I, Cosmopolitics II<\/em>, Minnesota University Press<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Stengers I. (2020) \u201cThe Earth Won\u2019t Let Itself Be Watched\u201d.&nbsp;<em>Critical Zones. The Science and Politics of Landing on Earth.&nbsp;<\/em>MIT Press.<em><\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Yaneva, A., Zaera-Polo, A. (2015)&nbsp;<em>What is cosmopolitical design? design, nature and the built environment<\/em>, Routledge.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Yong E. (2023)&nbsp;<em>Un monde immense<\/em>. Les Liens qui Lib\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Zalasiewicz J et al.&nbsp;(2015) \u201cWhen did the Anthropocene begin? A mid-twentieth century boundary level is stratigraphically optimal.\u201d&nbsp;<em>Quaternary International<\/em>&nbsp;383: 196\u2013203.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-extra-small-font-size\">Zalasiewicz J. (2020) \u201cThe Anthropocene Square Meter\u201d.&nbsp;<em>Critical Zones. The Science and Politics of Landing on Earth.<\/em>&nbsp;MIT Press.<\/p>\n<\/details>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise climatique nous oblige \u00e0 repenser notre rapport \u00e0 la Terre,&nbsp;\u00e0 l\u2019espace. 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